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30 juin

L'Euro est terminé, on peut se reposer

Après la fin de cet Euro éprouvant et brillamment remporté par l'Espagne, nous vous proposons un petite séance de détente. Le fiasco des bleus a inspiré des certains Daniel Trézéguet et Raymond Tagné. Ce qui pourraient être les tubes de l'été, sont sur votre blog préféré.

 
Je ne suis pas a l'euro par Daniel Trezeguet
envoyé par Lega-Zerval

"Je ne suis pas à l'Euro" Daniel Trézéguet (3615 Polyprod)

 
Daniel Trézéguet - Allo Raymond
envoyé par bumpanyjz

"Allo Raymond" Daniel Trézéguet (3615 Polyprod)

 
On va s'marier Daniel trezeguet
envoyé par Musique2008

"On va s'marier" Raymond Tagné (3615 Polyprod)

29 juin

Résultat de la finale de l'Euro 2008


Campeones !!!

Quarante-quatre ans après son seul titre international, l'Espagne renoue avec la victoire en succédant à la Grèce. La Seleccion a battu à Vienne, en finale de l'Euro, l'Allemagne (1-0) grâce à Fernando Torres. Enfin, la sélection ibère brille et gagne.

« Por fin » (Enfin). L'exclamation a dû retentir dans toute l'Espagne. Cri de joie, cri du coeur, cri d'une fin de malédiction. Celle qui a longtemps privé la Seleccion d'un titre pendant 44 ans. Et la Roja n'a jamais autant mérité de remporter l'Euro que cette année. La meilleure équipe du tournois'est adjugéla coupe et la dernière marche a été tout aussi belle que les cinq qui lui ont permis d'être aujourd'hui sur le toit de l'Europe. Les finales des grandes compétitions ont l'habitude d'être fermées. Celle-ci a été vivante, rythmée, intense. De bout en bout. Le seul regret aura été de n'avoir pas vu plus de buts alors qu'il y avait de la place. La faute, sans doute, aux Espagnols, qui n'ont jamais su concrétiser leurs multiples occasions.

La bonne entame est pourtant allemande. Ballack et les siens quadrillent bien le terrain et gênent les Espagnols, incapables de se trouver au-delà de leur zone. Le jour de récupération de plus des hommes de Löw semble déjà les avantager, tellement leurs courses et leur impact physique dominent les Espagnols. Mais la première action de la Seleccion, à l'orée du premier quart d'heure, faillit punir la tranquillité allemande. Sur un contre conclu par un tir d'Iniesta, Metzelder manque de tromper son gardien. (14e). Cette action aura le don de lancer définitivement l'Espagne. Six minutes plus-tard, Torres trouve le bas du poteau de Lehmann. Dès lors, la Roja retrouve son jeu, Xavi, sa vista, et Torres, sa vivacité. Le premier lance le second en profondeur, celui-ci profite d'une erreur de Lahm, pour tromper Lehmann, en bout de course, d'une pichenette (34e). L'Allemagne est KO à l'image de son capitaine Michael Ballack, très nerveux et coupable de multiples fautes. Ballack le maudit sentait-il déjà que la messe était dite ?

En tous cas l'Espagne, désormais devant, est à l'aise pour gérer son avantage, guettant le bon moment pour se mettre à l'abri. Face à une Allemagne revenue des vestiaires toujours choquée par le but encaissé (le principal responsable, Lahm, est sorti à la mi-temps), les hommes d'Aragones se contentent d'être bien en place. La Nationalmannschaft doit ainsi profiter d'une erreur de Puyol, qui aboutit à une frappe de Ballack au ras du poteau de Casillas (59e), pour revenir dans le match. La rentrée de Kuranyi à la place d'Hitzlspelger (57e) redonne vie à l'attaque allemande pour quelques petites minutes. Car si cette Espagne est arrivée en finale, c'est parce qu'elle ne ressemble point à ses prédécesseurs. Celles qui jouaient bien, mais qui n'arrivaient jamais à gérer les grands rendez-vous. Dans l'arène de Vienne, la Roja a joué les toreros avec le taureau allemand. Instaurant un faux-rythme, apte à anesthésier la volonté allemande, et propice au lancement de ses banderilles. Ramos (67e), Iniesta (68e) et Senna (80e) manquent ainsi de donner le coup de grâce à une Allemagne qui n'arrive plus à s'approcher des cages de Casillas. L'Espagne a fait l'essentiel en première mi-temps, elle n'aura pas le temps de trembler en seconde. Cette finale et ce tournoi, elle les a fait siens depuis longtemps. La bande des Torres, Xavi et Villa succède à celle de Suarez, Pereda et Marcelino, conquistadors d'une époque où l'Euro se jouait à quatre. A l'aube d'un élargissement à 24 équipes, les nouveaux conquistadors trônent fièrement sur une Europe des seize comme des Grands d'Espagne.

Présentation de la finale de l'Euro 2008

L'Espagne peut y croire

Ce dimanche à Vienne (20h45), l'Allemagne affrontera l'Espagne en finale du championnat d'Europe des Nations. Efficaces sans être convaincants, les Allemands justifient d'un palmarès éloquent. Insuffisant cependant pour menacer une Espagne éblouissante depuis le début de la compétition, renaissante sous la baguette d'Aragones, son gourou. Vivante par ses joueurs.

Les statistiques sont brutes, froides et parlantes. Le football allemand a joué sept finales en Coupe du Monde dont trois succès et cinq finales en championnat d'Europe (trois victoires). L'Espagne présente, elle, un bilan bien maigre : deux finales à l'Euro, avec un succès en 1964 contre l'URSS (2-1) et une défaite, en 1984, contre la France (0-2). Mais faut-il tenir compte de ces données chiffrées pour présenter la finale de l'Euro 2008 ? L'Espagne affiche un bilan exceptionnel dans cette épreuve et la qualité de son jeu a séduit tous les observateurs. Seulement voilà, à Vienne dimanche soir, il s'agira de la finale avec toute la tension et l'appréhension qu'engendre un tel match ! Et Villa (forfait) ne sera pas là ! Résister à la pression, voilà bien le défi qui se présente aux hommes de Luis Aragones. Mais en battant l'Italie (0-0, 4 tab à 2) et en écrabouillant la Russie à deux reprises (4-1, 3-0), la Roja a démontré des qualités morales, physiques et techniques au-dessus de la moyenne. Elle est tout simplement la meilleure équipe du tournoi. Elle est invaincue.

Car pour ce qui est de jouer, garder le ballon et donner le tournis à l'adversaire, les équipiers de Casillas n'ont pas eu leur pareil. « Un contrôle et une passe », crient souvent les éducateurs aux ongles rongés, sur les bords de touche de tous les stades du monde. Aragones peut renouveler son abonnement chez la manucure... L'Espagne contrôle le jeu et passe... ses adversaires en revue avec aisance. Ce jeu simple, posé, tourné vers l'attaque et proche de la passe à dix, s'appuie d'abord sur des individualités fortes, impliquées dans un fonctionnement collectif. Et pas question d'oublier les consignes. Aragones veille. Et gronde parfois. Comme Joachim Löw. Le sélectionneur allemand va encore arpenter sa zone technique. gesticuler et titiller, sans doute, le quatrième arbitre...

Parce que l'histoire et le palmarès de la Nationalmannschaft ne suffiront pas pour arrêter Iniesta, relayeur infatigable, Senna relanceur rigoureux ou Fabregas, joker de luxe, passeur de haut rang et organisateur hors-pair. Dimanche, le divin « gunner » aura la charge de faire briller Torres et de rendre la Roja... éclatante. Et les supporters espagnols écarlates ! Pour cela il faudra « bouger » et secouer une sélection allemande, loin d'être impressionnante, mais qui culturellement ne renonce jamais. L'histoire et le palmarès de la Nationalmannschaft ne pourront pas, dimanche, masquer les carences d'une défense hésitante et d'un gardien pataud. Reste que les travailleurs du milieu de terrain, stakhanovistes au ratissage des ballons, sauront inévitablement se dresser en « mur » infranchissable. Pour mieux faire briller les solistes de l'attaque que sont Podolski, Klose, Schweinsteiger ou Ballack.

L'anecdote est récurrente, ancienne et savoureuse. « Le football est un sport qui se joue à 11 et à la fin c'est l'Allemagne qui gagne », a souvent plaisanté Gary Lineker, l'attaquant anglais. Cette fois rien n'est moins sûr. L'Espagne a impressionné, ébloui et charmé durant tout l'Euro. Elle a les faveurs du pronostic. Elle jouera à 11 et elle aimerait bien gagner... Elle jouera pour ça, l'Allemagne aussi.

27 juin

Résultat de la deuxième demi-finale

L'Espagne, 24 ans après

Ce jeudi soir restera à jamais gravé dans la mémoire des espagnols. En effet, c'est ce jeudi soir que la Roja s'est qualifiée pour la finale de l'Euro 2008, aux dépens de la Russie (3-0), 24 ans après la dernière finale de la sélection ibérique; c'était lors de l'Euro 1984 au Parc des Princes et la France l'avait emportée 2-0.

C'est donc ici à Vienne, que l'Espagne a vaincu une nouvelle fois la malédiction. Après celle des quarts de finale, les espagnols continuaient en roue libre. Mais ce soir, il était hors de question de laisser passer cette énorme opportunité de se qualifier pour la finale d'un Euro. L'adversaire était de taille : la Russie. Cette Russie, tellement belle en quart de finale, mais absente ce soir. Le match n'a ressemblé à celui des poules que pendant une mi-temps. En première mi-temps, les hommes de Luis Aragones se sont contentés d'attendre la sélection de Guus Hiddink. Mais attendre quoi. En effet, les russes paraissaient carbonisés. Le pauvre Arshavin avait bien du mal à tenir sur ses jambes. Pourtant, les ibériques n'avaient pas l'intention d'aller marquer. Seul Pavlyuchenko arrivait à inquiéter Casillas d'une belle frappe enroulée qui passait à côté (31e). Mais les coups durs allaient encore frappé la Roja. A la 34ème minute, David Villa, meilleur buteur de cet Euro, devait céder sa place à Fabregas. La blessure de l'attaquant de Valence semble assez sérieuse. Il souffrirait d'une élongation et pourrait déclarer forfait pour la finale. Cet première mi-temps fut donc très physique mais pas prolifique.

Il faut donc attendre le début de la seconde période pour voir le jeu s'emballer. Xavi créait le surnombre et s'appuyait sur Iniesta. Xavi trompait ensuite tranquillement Akinfeev (49e). Ce but aurait du réveiller la Russie. Mais pas du tout. Fernando Torres était 3 fois à deux doigts de doubler la mise (52e, 62e et 63e). Finalement l'attaquant de Liverpool cédait sa place à Guïza à la 69e. Xabi Alonso rentrait et amenait encore un peu plus de stabilité au milieu. Enfin, Fabregas montrait son talent et servait parfaitement Guïza (73e) et Silva (82e) pour le 2-0 et 3-0. Cette équipe d'Espagne pour la finale de l'Euro. La folie s'est emparée de l'Espagne et les supporters ne voient plus ce qui peut arriver à leur pays. Le match de dimanche soir contre l'Allemagne s'annonce donc comme étant peut-être le plus beau de l'Euro.

                                       espagne russie

Présentation de la deuxième demi-finale

L'Espagne rêve 24 ans après

Ce soir, l'Espagne et la Russie s'affrontent dans la seconde demi-finale de cet Euro 2008 à Vienne où se déroulera également la finale de ce dimanche 29 Juin 2008. Un match qui sera l'occasion pour les Russes de prendre leur revanche après leur défaite lors de la phase des poules...

Avant dernier match de l'Euro ce soir qui opposera donc d'un côté l'Espagne qui a sû s'imposer après une séance de tirs aux buts palpitante face à l'Italie. L'Espagne qui a donc vaincu la malédiction qui s'acharnait sur elle depuis 88 ans contre les Italiens. On ne voit pas ce qui pourrait arrêté les Espagnols après leur victoire face à l'équipe championne du monde. Les Espagnols s'étaient facilement imposés lors de la 1ère journée du groupe D en s'imposant 4-1 face aux Russes.

De leur côté, les Russes sont venus à bout des Pays-Bas après les prolongations... Les joueurs Hollandais ont en effet dû s'incliner 1-3. Les Russes sont donc sur un nuage et se retrouvent en demi-finale de l'Euro.. Ils devront retomber les pieds sur terre pour affronter les hispaniques. Les Russes devront apprendre à gérer la pression d'une demi-finale face à une bonne équipe. En effet, le contexte du match n'est pas le même que celui des poules, ici c'est un match à élimination directe.

26 juin

Résultat de la première demi-finale

L'Allemagne, forcément

Au terme du plus beau match de cet Euro 2008, l'Allemagne s'est qualifiée pour la finale du Championnat d'Europe des nations, en venant à bout, dans la douleur (3-2), d'une fantastique sélection turque, fidèle à sa réputation de dure à cuir. Jusqu'au bout, les hommes de Fatih Terim ont cru pouvoir créer l'exploit mais le réalisme allemand, une fois de plus, a fait la différence.

«Le football est un sport où 22 joueurs courent après un ballon, et à la fin, les Allemands gagnent toujours». Gary Lineker, une fois de plus, avait raison. Malgré tous les effort fournis par une vaillante équipe turque, qui avait pris le jeu à son compte dès les premières minutes et qui semblait avoir fait abstraction de tous ses problèmes d'effectif (9 joueurs absents), les Allemands n'ont jamais paru complètement enfoncés. Même lorsqu'elle se retrouva menée au score, la Mannschaft dégageait cette sérénité, cettemaîtrise technique qui lui permettrait, éventuellement, de renverser la vapeur.

Les Turcs avaient pourtant parfaitement débuté la rencontre, prenant le pas sur un collectif allemand incertain de la marche à suivre. Attendre l'adversaire jusqu'à ce quecelui-ci s'épuise ou prendre l'initiative ? D'autant plus que les Turcs jouaient décomplexés, conscients que quel que soit le résultat, ils seraient accueillis à Istanbul en héros. Rongés par ces interrogations, les coéquipiers de Ballack se crispaient et concédaient logiquement l'ouverture du score, à la suite d'une belle action collective conclue par Ugur Boral (22e).

Mais cette Allemagne-là ressemble à celle des Beckenbauer, Matthaüs et autre Sammer : programmée pour gagner, elle ne panique pas même en situation précaire et reste persuadée jusqu'au bout qu'elle triomphera. Mercredi, elle n'a eu besoin que de quatre minutes pour revenir dans le match, le temps pour Schweinsteiger de glisser au fond des filets un caviar de Podolski, de nouveau très remuant sur son côté gauche (26e). Cette égalisation ne changeait cependant rien à la donne. Même si les Turcs accusaient un peu le coup, ils restaient bel et bien dans la partie et frappaient plusieurs fois au but. Crispés, les hommes de Joachim Löw se défendaient sans trop de problèmes mais peinaient à reprendre le contrôle de la partie.

Bien organisée sur le pré, l'équipe au croissant subissait toutefois le contrecoup de tous ses efforts et baissa le pied en seconde période, manquant de précision dans les enchaînements. Comme ils savent si bien le faire, les Allemands sentirent le coup de mou de leurs adversaires et accélérèrent le rythme, profitant d'une sortie hasardeuse de Rüstü pour prendre l'avantage grâce à Klose, impeccable dans son timing (79e).

À 2-1 à dix minutes du terme, la messe semblait dite. Et pourtant, une énième fois dans ce championnat d'Europe qui aura révélé leur incroyable force de caractère, les Turcs parvenaient à recoller au score à quatre minutes de la fin, forçant une improbable prolongation (86e). Mais si les Turcs ont épaté le Vieux Continent par leur mental d'acier au cours de cet Euro, l'Allemagne en a également profité pour rappeller qu'elle était une grande nation du football, sur le retour après douze ans de disette et sa victoire face à la République Tchèque à l'Euro 96 (2-1). Et au terme d'une action d'école, Lahm brisait l'espoir de la Turquie à l'ultime minute de jeu, crucifiant Rüstü d'un but d'attaquant (90e). Sans briller, mais en faisant preuve d'une solidité collective déconcertante, l'Allemagne retrouve une finale d'une grande compétition internationale, six ans après le Mondial 2002. Les Russes et les Espagnols sont prévenus : la Mannschaft est de retour.

25 juin

Présentation de la première demi-finale

Le rêve turque

La première demi-finale oppose ce soir à Bâle (20h45) une étonnante Turquie à une Allemagne, largement favorite. Un échec de la Mannschaft serait perçu comme une terrible désillusion alors que l'équipe au croissant n'a rien à perdre.

Si certains observateurs avisés pouvaient s'attendre à retrouver la Russie dans le dernier carré, la présence de la Turquie a ce stade de la compétition est plus inattendue. Des fins de match rocambolesques et un mental à toute épreuve ont pourtant permis aux hommes de Fatih Terim de se retrouver à quatre-vingt dix minutes de la première finale de leur histoire dans une grande compétition. La Turquie n'a même jamais disputé de demi-finale d'un Euro auparavant. Néanmoins, les Turcs ne sont pas devenus des spécialistes du money time uniquement lors de ces trois derniers matches. Déjà lors des deux ultimes matches des éliminatoires (victoires 2-1 en Norvège puis 1-0 face à la Bosnie), les Turcs ont validé in extremis leur billet pour le périple austro-suisse. Pour autant une nouvelle performance de Mehmet Aurelio et consorts face à l'ogre allemand est-elle envisageable?

Rien n'est moins sûr tant les circonstances apparaissent défavorables. Non seulement les Turcs ont joué une prolongation et ont eu un jour de récupération de moins que leurs adversaires, mais surtout les Rouge et Blanc abordent cette rencontre historique avec un effectif particulièrement décimé : Volkan, Arda, Asik et Tuncay sont suspendus alors que Nihat, Güngor, Servet et Emre sont forfait sur blessure. Un doute subsiste encore pour Metin, touché à la cuisse. Celui-ci pourrait malgré tout figurer sur la feuille d'un match, au cours duquel Tolga Zenfin, le troisième gardien, pourrait entrer en jeu en tant qu'attaquant si les évènements devaient pousser Fatih Terim à prendre tous les risques... Info ou intox de la part du sélectionneur, dont le coaching fut payant à plusieurs reprises ?

Peu importe, les Turcs n'ont strictement rien à perdre et croient fermement en leurs chances. « Certes nous avons beaucoup de blessés et de suspendus. Mais notre équipe est bien équilibrée et nous sommes animés d'un très gros moral. Nous n'avons pas à être pessimistes », souligne Rustü. Les joueurs seront en plus galvanisés par tout un peuple, y compris outre-Rhin : les relations culturelles entre les deux pays, pour des raisons migratoires depuis la fin du XIXe siècle, sont étroites (2 millions et demide ressortissants turcs vivent aujourd'hui en Allemagne). Dernier signe parlant pour une équipe qui a aligné les miracles : l'intendance de la sélection turque a choisi, par superstition, de conserver le même hôtel jusqu'à la finale...

L'Allemagne n'aura pas le droit à l'erreur au Parc Saint-Jacques de Bâle. Favorite annoncée au titre suprême avant le début de l'Euro, la Mannschaft, parfois poussive en poule, a retrouvé ses esprits et son jeu en quart de finale pour sortir logiquement le Portugal (3-2), un autre prétendant. Une montée en puissance liée au retour en forme de Michael Ballack, auteur de prestations de plus en plus pleines. Et alors que la Turquie déplore bon nombre d'absences, la sélection d'outre-Rhin affiche un effectif au complet, Joachim Löw pouvant même compter sur la présence de Frings, remis sur pied. Et si l'on ajoute que le soutien des tribunes sera a priori favorable aux Allemands, les voyants sont au vert pour les demi-finalistes de la dernière Coupe du monde.

Mais Joachim Löw cherche à éviter tout excès de confiance afin que ses troupes ne se voient pas déjà en finale : « Si vous croyez que le match sera facile, vous vous trompez. Une formation qui atteint les demi-finales est forcément une bonne équipe. La Turquie a prouvé qu'elle pouvait renverser des montagnes et qu'elle pouvait marquer à tout moment. » Löw sait de quoi il parle : le sélectionneur allemand connaît bien le football du Bosphore pour avoir tenu les rênes de Fenerbahçe lors de la saison 1998-1999. Le natif de Schönau avait alors été marqué par la passion des supporters pour leur équipe mais aussi par la fierté des joueurs de défendre leurs couleurs. Les Allemands sont prévenus... 

Les équipes probables :

ALLEMAGNE : Lehmann - Friedrich, Mertesacker, Metzelder, Lahm - Frings, Hitzlsperger - Schweinsteiger, Ballack (cap.), Podolski - Klose.
TURQUIE : Rüstu (cap.) - Sabri, Zan, Boral, Balta - Kazim-Kazim, Hamit Altintop, Mehmet Aurelio, Topal, Karadeniz - Semih.

24 juin

Résultat du dernier quart de finale de l'Euro

Pas d'exploit pour la squadra

Ce duel entre l'Espagne et l'Italie s'annoncait spectaculaire, il a accouché, à l'inverse, d'un match frigide en occasions et un peu mou. Les espagnols n'arrivant pas à accélérer le jeu et les azzuris n'arrivant pas à marquer en contre.

Privés de Pirlo et Gattuso dans l'entrejeu, l'Italie a donc pêché au milieu de terrain. De plus, en attaque, le pauvre Toni a encore manqué de réussite. La défense à tenu face aux assauts ibériques de Villa et Torres. De chaque côté, Buffon et Casillas ont réalisé de grande performance. Malgré sa petite erreur (il relâche la ballon sur le poteau lors d'un centre), Buffon, qu'on avait appelé le sauveur après le match face à la Roumanie, a une nouvelle fois tenu la baraque. Mais Casillas, qui se bat avec son homologue italien pour le titre de meilleur gardien du monde, n'a pas démérité en sortant des frappes italiennes grâce à des arrêts réflexes (57e et 61e). Les deux équipes n'arrivant pas à se départager malgré une dernière occasion de Toni (84e) devaient se rendre à l'évidence, et jouer une prolongation.

Dans cette prolongation, les espagnols continuèrent à mettre le danger sur les buts de Buffon. Largement dominateur au milieu de terrain et aussi dans les statistiques, les hommes de Luis Aragones se créèrent quelques situations intéressantes. Notamment grâce au jeune Silva à la 93e ou sur une frappe de Cazorla à la 120e. Villa tentait bien sa chance une dernière fois (111e). Impossible de battre le rempart Buffon, l'Espagne se remis à la séance de tirs aux buts. Buffon devait donc se transformait en héros. Malheureusement, le portier de la Juve allait céder à sa place à celui du Real, Iker Casillas. En arrêtant, les tirs de De Rossi et Di Natale, il envoyait l'Espagne en demi. Pourtant, Buffon avait remis les deux équipes à égalité en repoussant la frappe de Güiza. Fabregas transformait le dernier tir et faisait lui aussi figure de héros. En effet, le joueur d'Arsenal, longtemps mis sur le banc et non titulaire ce soir, se révélait être un vrai atout pour la sélection.

Cette qualification était pour l'Espagne un vrai fête nationale; Non qualifiés pour une demi finale depuis 1984, le roi d'Espagne parlait même de fin de malédiction. De plus, les ibériques battaient enfin l'Italie depuis 1920. De son côté, les italiens rentrent chez eux comme ils aurait du le faire plus tôt au vu du niveau de jeu proposé. Roberto Donadoni pourrait ne plus être l'entraîneur de l'Italie lors des qualifications de la Coupe du Monde 2010, comme pourrait l'être aussi Raymond Domenech. Les favoris à ces postes sont Lippi du côté italien et Deschamp du côté français.

                                        espagne italie

22 juin

Présentation du dernier quart de finale de l'Euro

L'Espagne, l'exception à la règle

Ce soir, à Vienne, se jouera le dernier quart de finale de cet Euro 2008. L'Espagne, de Luis Aragones affronte l'Italie de Roberto Donadoni. Les italiens se sont qualifiés dans la difficulté en battant la France dans la denier match et en comptant sur la défaite de la Roumanie face aux Pays-Bas. Quant aux ibériques, ils ses ont qualifiés brillamment en gagnant leur trois matchs de poule.

C'est donc l'un des chocs de ces quarts de finale qui se prépare ce soir au Ernst-Happel Stadion. Les espagnols sont prêts à défier une Italie qui voudra aller jusqu'au bout. Après avoir vu l'élimination de tout près, les transalpins ne veulent qu'une chose, gagner l'Euro pour réaliser le doublé Coupe du Monde - Euro que seul la France a réalisé. Les ibériques ont malheureusement les stats contre eux. En effet, depuis 1928, l'Espagne n'a plus battu l'Italie en compétition officielle. Pourtant, lors du dernier match entre les deux formations il y a quelques semaines en amical, les espagnols l'avaient emporté à domicile 1 à 0. De plus, l'Espagne n'a jamais gagné un 22 juin lors d'un Euro. Enfin, depuis le début des quarts de finale, chaque équipe qui avait terminé première de son groupe, s'est faite éliminée : Portugal, Croatie et Pays-Bas. Luis Aragones alignera la même équipe que d'habitude, avec encore une fois la non-titularisation de Fabregas.

De l'autre côté, pas d'inquiétude. Après ce 1er tour catastrophique, les italiens n'ont plus peur de rien. Ce soir à Viennes, il y aura 2 fois plus de supporters de la squadra que de la formation ibériques. Mais la Nazionale a quand même des points faibles. Privée de Cannavaro, l'Italie a du mal à défendre. De plus, Luca Toni a, lui aussi, bien du mal à trouver le chemin des filets. Ce manque de stabilité défensive et cette inefficacité offensive pourraient privé l'Italie d'une demi-finale. Surtout que Pirlo et Gattuso seront suspendus suite à un carton jaune pris contre la France. Les deux milanais devraient manqués à la squadra. L'équipe italienne sera donc composé notamment de Di Natale et de Camoranesi. Del Piero pourrait même être aligné.

Ce match s'annonce donc indécis même si la balance penche en faveur de l'Espagne. Les plus optimistes voient l'Italie aller au bout en faisant référence à la Coupe du Monde 2006 où elle avait aussi mal commencé. En tout cas, cette rencontre nous promet du spectacle. La chaleur sera aussi un élément essentiel de cette partie. Le vainqueur affrontera, à Vienne le 26 juin prochain, la Russie de Guus Hiddink.

Résultat du troisième quart de finale

Les Oranjes au tapis

Le grandissime favori de cet Euro s'est fait éliminer hier soir à Bâle par la Russie. Je veux bien sûr parler des Pays-Bas.

Hier soir, dans un Parc Saint-Jacques de Bâle tout de orange vêtu, la Russie se frottait aux Pays-Bas dans un quart de finale qu'on pensait déséquilibrer. A vrai dire, on s'attendait à un match très offensif. Ce fut le cas mais d'un seul côté. Car pendant 120 minutes, les joueurs de Marco Van Basten ont été inexistant, complètement amorphes. Les néerlandais n'ont pas montré cette folie offensive qui nous avait fait tellement mal à nous et à l'Italie. De plus, le coaching et la tactique mis en place par Guus Hiddink ont été d'une qualité proche de la perfection. Celui qui avait dirigé les oranjes il y a quelques années, a réussi à contrer cette équipe ultra offensive.

Dès le début du match, Marco Van Basten avait aligné Boulahrouz. Première erreur peut être, puisque le joueur n'était pas dans une configuration psychologique optimum pour disputer ce match. Les seules occasions que les néerlandais ont pu se procurer sont celles sur coups de pied arrêtés. Des coups francs magnifiquement tirés par Van Der Vaart. Mais jamais, un joueur néerlandais n'a pu reprendre le ballon en première mi-temps. Au retour des vestiaires, Pavlyoutchenko punissait les joueurs de Van Basten qui se laissaient dominés (57e). Mais les coups francs vont se montrer cette fois-ci décisif. Malgré les nombreuses occasions russes et un penalty oubliait, les hollandais égalisaient grâce à Van Nistelrooy qui reprenait de la tête un coup franc magnifique de Sneijder (88e).

On pensait alors voir les russes lâchaient le match après avoir pris ce terrible coup sur la tête. Mais dans la prolongation, ce sont bien les coéquipiers de Arshavin qui vont prendre l'ascendant. Un Arshavin qui se transformait en véritable poison pour les défenseurs néerlandais. Pourtant, les russes manquaient cruellement d'efficacité devant le but. A la 112ème minute, Arshavin, le meneur de jeu du Zénith Saint-Petersbourg, effaçait deux défenseurs grâce à une accélération magistrale. Son centre était parfait et lobait Van Der Sar. Seul au deuxième poteau, Torbinski poussait le ballon au fond des filets sur une sorte de revers pied gauche. La sanction est logique pour des néerlandais miraculés de la dernière minute. Sur une touche, les oranjes oubliaient la règle du hors-jeu et laissaient partir Arshavin qui mystifiait Van Der Sar d'un tir entre les jambes (117e). La messe était dite.

Les néerlandais sont sortis de cette compétition à la stupeur générale. Mais les Pays-Bas sont-ils capables de faire le jeu ? Les supporters néerlandais vont nous manquer. En tout cas, la Russie continue sa route et devra se défaire de l'Espagne ou de l'Italie en demi-finale.

                                         pays-bas russie

21 juin

Présentation du troisième quart de finale

Les Pays-Bas face à leur compatriote

Ce samedi, à Bâle (20h45), les Pays-Bas, spectaculaires premiers du groupe C, s'avancent au pied de leur quart de finale face à la Russie en nets favoris. Un statut bien moins évident qu'il n'y paraît au regard de la richesse du jeu russe et de son sélectionneur, le Néerlandais Guus Hiddink.

D'ordinaire, son aura est déjà considérable. Mais à l'orée du quart de finale face aux Pays-Bas, le magnétisme de Guus Hiddink opère davantage encore. Il faut dire que le sélectionneur néerlandais de la Russie concentre tous les regards de ses compatriotes. Son équipe a beau regorger de talents et avoir laissé une impression d'aisance considérable face à la Suède en poule (2-0), c'est bel et bien le technicien batave qui est désigné comme l'atout numéro un pour la Russie. Du coup, Marco van Basten, à qui on ne la fait pas, a fermement recadré ses troupes. « Nous allons jouer contre la Russie, pas contre Hiddink. »

Une nécessité qui tombe bien puisqu'en face, le mentor néerlandais ne compte pas faire le moindre sentiment. « Je n'aurais aucun scrupule à battre les Pays-Bas. Je n'éprouve aucun sentiment patriotique, je ne joue pas pour un drapeau. » Vrai ! Hiddink joue pour la gagne. Enfin quoique... Réputé pour tirer la quintessence de ses escouades, même des plus improbables, le Néerlandais gagne finalement très peu au niveau international (une C1 en 1988 avec le PSV), même avec les mieux outillées, telles le Real Madrid (saison blanche en 98-99) et les Pays-Bas (demi-finalistes de la Coupe du monde 1998). Bref, pour van Nistelrooy et sa bande, l'heure n'est pas au débat sur la valeur de Hiddink car cette Russie est, en soi, terriblement dangereuse.

« Ils jouent comme nous », n'hésite pas à affirmer Edwin van der Sar. Et pour qui a vu les Pays-Bas concasser tour à tour l'Italie et la France, ce n'est pas un petit compliment. À l'instar des Oranje, les Russes sont de gros consommateurs de ballons, adeptes de la possession prolongée du cuir. Avec toutefois, une nuance de taille : quand les Néerlandais aiment aussi aspirer l'adversaire pour mieux le contrer, les Slaves cultivent leur style « futsal », même dans la surface adverse, donnant même parfois l'impression de vouloir entrer dans le but avec la sphère, même si l'incroyable Andrei Archavine propose plus de profondeur et de tranchant. Oui, en cela, les Pays-Bas disposent peut-être d'un éventail tactique plus riche. « C'est pour l'instant la meilleure équipe du tournoi » concède même l'ancien Parisien, Sergei Semak.

Hiddink y souscrit aussi. « Leur jeu est difficile à lire. Autant, la Suède fut facile à décrypter, autant les Oranje sont imprévisibles. » Le mage néerlandais se méfie d'autant plus qu'il croit déceler un surcroît de motivation chez ses compatriotes. « Le décès, jeudi, de la fille de Khalid Boulahrouz (née prématurée, ndlr) va les souder encore plus. » Mais plus que tout, Hiddink redoute la différence de fraîcheur entre les deux formations, puisque van Basten a pu faire tourner au troisième match face à la Roumanie (2-0) quand les Russes ont bien sué pour obtenir leur billet face aux Suédois. Mais il ne lui a sûrement pas échappé que, dans la même configuration, l'Allemagne a finalement surclassé le Portugal. De quoi lui donner sans doute une petite idée, une de plus...

Résultat du deuxième quart de finale

La Turquie (re)crée l'exploit

C'est l'éternelle loi du football : à force de ne pas concrétiser ses occasions, on finit par être puni. La Croatie, éliminée vendredi soir de l'Euro par la Turquie (1-1, 1-3 aux t.a.b), pourra en témoigner. Dominatrice sur le plan des occasions plus que sur celui du jeu, la Croatie a payé cash son manque d'efficacité devant le but et pourra nourrir de nombreux regrets dans les jours à venir, tant elle paraissait capable d'aller jusqu'au bout dans cette compétition.

Dans un match plutôt bridé, où les deux équipes ont paru tétanisées par l'enjeu, les Turcs entamèrent la rencontre sur un rythmé élevé, cherchant à acculer leurs adversaires dans leur moitié de terrain. Mais face à des Croates bien organisés en défense, les hommes de Fatih Terim durent se contenter de frappes lointaines, à l'image de Tuncay et d'Altintop par deux fois. Mais peu à peu, les Croates se mirent à poser le jeu et investirent à leur tour le camp adverse, prenant progressivement l'ascendant technique sur la rencontre. Très actif dans l'entrejeu, Modric a montré qu'il sera à l'aise en Angleterre la saison prochaine (il s'est engagé avec Tottenham), n'hésitant pas à revenir défendre très bas et récupérant de nombreux ballons. C'est d'ailleurs lui qui débordait sur le côté droit avant d'adresser un centre brossé pour Olic aux six mètres. Mais l'attaquant de Hambourg ratait l'immanquable, le ballon heurtant la barre transversale. Kranjcar, qui avait bien suivi, expédiait sa reprise de la tête au-dessus. Les Turcs se manifestèrent à leur tour en fin de première période par Topal, dont le missile du droit flirtait avec la lucarne de Rustu.

Après la pause, les Turcs, qui coururent beaucoup en première période, accusèrent le coup physiquement et se mirent tout seul en danger, par l'intermédiaire de Rustu, dont l'hésitation permettait à Olic de placer une tête aux six mètres, finalement écartée par Gokhan Zan. Par deux fois, Srna puis Rakitic se montrèrent dangereux mais une fois de plus, pêchèrent dans la finition. Très fébrile jusque-là pour sa 117e sélection, Rustu sauvait quant à lui les siens à cinq minutes du terme, sortant de sa lucarne un magnifique coup franc brossé de Srna.

Lors de la prolongation, les deux équipes semblèrent réticentes à l'idée de trop se découvrir et procédèrent par contre. Alors que l'on se dirigeait tout droit vers la séance des tirs au but, Klasnic, entré en jeu quelques minutes auparavant, pensait décrocher la qualification en reprenant de la tête un centre de Modric à la 119e minute, après une nouvelle erreur d'appréciation de Rustu. Mais c'était sans compter sur les ressources psychologiques épatantes des Turcs, qui revenaient de l'enfer trente secondes plus tard grâce à Senturk. Sa volée imparable du gauche à la suite d'un dégagement de Rustu trouvait la lucarne de Pletikosa et redonnait vie à tout un peuple.

Les tirs au but, épreuve cruelle du ballon rond, furent fatals aux Croates, encore tout abattus par l'improbable égalisation de ces Turcs au moral dur comme fer (1-1). Le premier tir, non cadré par Modric, pourtant virevoltant pendant les 120 minutes de jeu, ne laissa rien présager de bon. Après que Rakitic a imité son compère Modric en envoyant la balle à côté, c'est finalement le revenant Rustu, d'une main ferme, qui repoussait la tentative de Petric et envoyait les joueurs de Fatih Terim en demi-finale (1-1 a.p, 3 tab à 1).

20 juin

Présentation du deuxième quart de finale

La Croatie a rendez-vous avec l'Histoire

Ce vendredi soir (20h45), au Ernst-Happel Stadion de Vienne, place au quart des équipes surprises, entre la Croatie et la Turquie. Les redoutables Croates de Slaven Bilic joueront sur leur solidité et leur potentiel offensif, en se mesurant aux Turcs de Fatih Terim en pleine effervescence, spécialistes des fins de matchs à rebondissements. En jeu : une place en demie face à l'Allemagne.

Pour la quatrième fois de l'histoire, la Croatie et la Turquie s'affrontent. La première fois, c'était en 1996. Goran Vlaovic délivre alors les Croates en fin de match. La deuxième fois, en 1997, les deux nations se neutralisent (1-1) en demi-finale de la Kirin Cup. La dernière fois, c'était lors d'un match amical en mars 2004, et les deux équipes se quittent encore sur un score nul 2-2. Un bilan favorable donc pour la Croatie (1 victoire et deux nuls), qui a fait une excellente impression en survolant son groupe (B) au premier tour, malgré la blessure de son attaquant vedette avant l'Euro, Eduardo Da Silva.

Les Croates ont remporté leurs trois matchs et ont notamment dominé l'Allemagne avec la manière. On a ainsi découvert une équipe disciplinée, rigoureuse et surtout très technique à l'image de Niko Kranjcar ou Luka Modric. La Croatie, déjà tombeuse de l'Angleterre en qualifications, a donc aligné trois succès : contre l'Autriche (1-0), puis l'Allemagne (2-1) surtout, avant de régler le compte de la Pologne (1-0). Elle est désormais un prétendant sérieux au titre.

Mais pour aller plus loin, l'équipe au damier devra d'abord se défaire de la Turquie, invitée surprise de ces quarts de finale. En effet les Turcs se sont, à l'inverse, sauvés in extremis au prix de fins de matches ahurissantes. La sélection turque a été battue par le Portugal (2-0) lors de ses débuts et a frôlé l'éliminationpuis dans ses deux matches suivants. Mais, à chaque fois, elle a fait basculer la rencontre dans les ultimes instants, d'abord face à la Suisse (2-1), puis contre la République tchèque (3-2 après avoir été menée 0-2 jusqu'à la 75e). Les Turcs vont se présenter sans leur gardien Volkan, suspendu après son exclusion face aux Tchèques, et le précieux milieu d'origine brésilienne, Mehmet Aurelio, suspendu lui aussi après avoir récolté deux avertissements. Un sérieux handicap, d'autant que les Croates, qui ont largement fait tourner leur effectif, semble plus frais et mieux armés. Mais le manager croate, Slaven Bilic reste méfiant : « On va faire attention et on sera préparés parce qu'ils sont revenus deux fois au score. Même si, bien entendu, j'aimerais bien que l'on marque les premiers. Ils jouent un bon football, ils sont très agressifs. » Côté turc, Fatih Terim reste pleinement confiant: « La Croatie, c'est une bonne équipe. Mais nous sommes aussi une bonne équipe et, jour après jour, nous devenons meilleurs. Leur équipe est jeune, talentueuse, mais nous allons à Vienne en espérant y rester. On respecte toutes les équipes, mais on n'en craint aucune. » En position d'outsider, la Turquie qui n'a finalement rien à craindre, au vu de ses hold-up successifs, se mesure à des Croates plein de confiance engendrée par leurs victoires. Si la différence est subtile, l'objectif est le même : tirer son épingle du jeu, tout en finesse.

Résultat du premier quart de finale

Le réalisme allemand

Les Allemands ont très logiquement battu le Portugal (3-2) lors du premier quart de finale, jeudi soir à Bâle. Un succès logique et impressionnant de rigueur. La route de la finale est ouverte à la Mannschaft.

C'est sans fioriture. Dépouillé, sans option. Mais la mécanique tourne rond. Comme une berline fabriquée outre-Rhin, le jeu allemand est épuré, les finitions de qualité. Le style est germanique. Du robuste emmené par un pilote hors pair : Michael Ballack. Pourtant, la concurrence, portugaise en ce jeudi soir, est vive. Des trajectoires chaloupées, des zig-zags maîtrisés, Deco aux commandes et le Portugal tient franchement la route. Sur la pelouse du parc Saint-Jacques, à Bâle, le revêtement est inégal mais la Nationalmannschaft est bien chaussée, parfaitement cramponnée.

Très vite, Hitzlsperger avale des kilomètres pour servir Ballack qui n'hésite jamais à élargir la trajectoire de ses passes pour servir Fritz et Schweinsteiger. Les joueurs de couloir flirtent avec les lignes blanches, le long de la touche et embarquent les défenseurs portugais. A la 22e minute, Podolski déboîte, d'un crochet, et double Bosingwa. Son centre au premier poteau trouve Schweinsteiger. Le Bavarois met les gaz et dépose, sur place, la défense centrale portugaise. Paulo Ferreira a calé. Ricardo se charge de faire le constat (22e). Avec ce but, l'Allemagne prend ses distances et maintient le Portugal sous pression.

Ronaldo tarde à mettre le contact. Il y aurait même un gros retard à l'allumage pour l'attaque portugaise. Pourtant, la défense allemande n'a rien d'un bolide. Mais Metzelder et Mertesacker sont classés hors gabarit pour un Nuno Gomes au kilométrage désormais excessif. Ballack pilote toujours l'équipe allemande. Secoué, tassé, le meneur allemand obtient un coup franc et donne les commandes à Schweinsteiger. La passe est limpide, la trajectoire rectiligne. Klose met le nez à la portière et aggrave le score de la tête (26e).

Dès lors, le Portugal entame une course poursuite. Ronaldo appuie enfin sur l'accélérateur et permet à Nuno Gomes de réduire le score (40e, 2-1). Petite alerte pour l'Allemagne ! Le passage par le vestiaire permet à Scolari et Flick de resserrer les boulons de part et d'autre. Mais la mécanique allemande tourne comme une horloge. Ballack ne s'appelle pas Michael pour rien. A la réception d'un long coup franc de Schweinsteiger, le meneur allemand, monté sur ressort, évite l'embouteillage sur les buts. Un coup de pare-choc dans le dos de Carvalho et un coup de tête gagnant (61e, 3-1). L'Allemagne vient de s'engouffrer sur la piste des demi-finales. Postiga tente bien de freiner l'élan germanique en réduisant le score (82e). Le Portugal pousse mais rien à faire. La Selecçao a bien été malheureuse lors de cette soirée mais l'Allemagne ne dévie pas de sa course et s'impose 3-2. Tous les feux sont au vert. Prochaine étape, contre le vainqueur de Croatie - Turquie. La route semble maintenant dégagée.

19 juin

Présentation du premier quart de finale

Un choc d'entrée

Il faudra être présent ce soir à 20H45, du côté de Bâle ou devant sa télévision, pour suivre le premier quarts de finale de cet Euro. Et, déjà un choc qui s'annonce. En effet, le Portugal de Cristiano Ronaldo défie l'Allemagne de Michael Ballack.

Le Portugal part peut-être légèrement favori ce soir grâce à une phase poule bien maîtrisée. Après de brillant succès sur la Turquie (2-0) et sur la République Tchèque (3-1), les lusitaniens ont néanmoins connu la défaite face à la Suisse (0-2). Ce match, où Luiz Felipe Scolari avait fait tourner son effectif, ne pèsera pas dans la balance. ce soir, Cristiano Ronaldo, Deco ou encore Simao, seront de retour pour battre la Mannschaft. De plus, l'entraîneur de cette équipe, Luiz Felipe Scolari, a annoncé son départ pour Chelsea et a affirmé qu'il voulait absolument se qualifier pour honorer ses joueurs. Enfin, les portugais comptent un jour de plus de récupération et surtout ont vu leurs stars se reposer contre la Suisse.

Du côté allemand, on se frotte les mains. Les choses ne se passent pas comme prévu. Les allemands sont en quarts de finale de l'Euro pour la 1ère fois depuis 1996 où ils l'avaient remporter. La Mannschaft a effectué une phase de poule poussive où elle a du arracher sa qualification au dépend de l'Autriche (1-0) après une défaite face à la Croatie (1-2). Pourtant tout avait bien commencé grâce à une belle victoire sur le Pologne (2-0) grâce à un double de Podolski. Ce même Podolski est incertain pour le match de ce soir tout comme Frings. Les allemands compteront donc sur leur maître à jouer de Chelsea, Michael Ballack. Enfin, Joachim Löw, l'entraîneur, sera dans les tribunes, suite à sa suspension face à l'Autriche.

Ce match s'annonce donc comme le plus beau de ces quarts de finale en attendant l'alléchant Espagne - Italie de dimanche soir. Pour informations, le dernier Allemagne - Portugal date du 8 juillet 2006 lors de la petite finale de la Coupe du Monde. Les portugais, battus en demi-finale par la France (0-1) et l'Allemagne, battus par l'Italie (0-2), se retrouvaient à Stuttgart pour disputer le titre de 3ème. La Mannschaft s'était imposée 3 à 1 à domicile. Dernière petite revanche : celle de Lukas Podolski et Cristiano Ronaldo. En effet, en 2006, l'allemand avait été élu meilleur espoir du tournoi juste devant le portugais.

Résultats de la 3ème journée du Groupe D


Bravo les Russes


La cadre est mythique. Sven Hannawald y a battu le record de saut à ski : 134,5m. Alors Guus Hiddink a demandé à ses joueurs de se jeter... dans la bataille. Sans retenue avec envie, histoire de faire planer le doute... dans les esprits suédois. En ce haut lieu du ski international, la Russie n'a donc pas manqué le dernier portillon pour écarter la Suède de son chemin (2-0). 

Et entre ces 22 gaillards, habitués aux rudes températures hivernales, la soirée s'annonçait très chaude. Faisant fi de l'amplitude thermique, Suédois et Russes n'ont pas tardé à faire grimper le mercure dans les travées du stade Tivoli-Neu d'Innsbruck. Et les hommes de Guus Hiddink, qui n'ont aucune autre alternative que la victoire pour se hisser en quarts, mettent d'entrée la pression par un jeu simple mais efficace.

Emmenée par Semak, parfait relayeur, la formation russe fait le siège de la défense suédoise. Imprimant un rythme fou grâce à Torbinski et Zirianov qui ont dévalé leur couloir comme les skieurs régalent sur les pistes de la station d'Innsbruck, la Russie a vite mis la défense suédoise en difficulté, quand cela n'a pas été au supplice.
Oubliant ses carences défensives, la Russie a pris le risque de tout miser sur l'attaque, tête baissée, comme un descendeur en quête de sensations sur les versants du massif du NordKette, tout proche.

L'idée est belle, risquée mais payante quand Pavlyoutchenko (25e) ouvre la marque, après une action collective remarquable, développée flanc doit par Anyoukov, qui élimine ses adversaires, comme on slalome les piquets d'une piste noire. Refroidis par l'aisance technique et l'équilibre de l'équipe adverse, les Suédois peinent à réagir. Difficile de remonter la pente. Seul Larsson donne le frisson à Akinfeev, le portier russe, quand sa reprise de la tête heurte la transversale (27e).

La maîtrise est russe et l'inquiétude suédoise. Ibrahimovic tente bien de redonner de l'allant à son attaque. Mais le magicien « Ibracadabra » n'est pas dans l'allure. Tout au contraire, en seconde période, Arshavin et les slalomeurs de l'attaque russe ont débordé la défense suédoise une bonne dizaine de fois. Arshavin a d'ailleurs aggravé la marque (52e). La cause est alors entendue (2-0), La Russie affrontera les Pays-Bas. Hiddink le coach de la Russie sourit enfin, car il y aurait pu y avoir une avalanche de buts pour les Russes. La Suède en est encore transie.

L'Espagne garde le rythme

En dominant la Grèce dans les dernières secondes du match (2-1) avec une équipe B, l'Espagne a bouclé sa phase de poule de manière idéale : neuf points pris en neuf possibles. Attention, sérieux client.

Commençons par une bonne nouvelle, au lendemain de l'élimination sans panache de la France par l'Italie (0-2) : les Bleus ne termineront pas derniers de cet Euro 2008. Merci les Grecs, qui ont cédé mercredi à Salzbourg, dans les dernières minutes, face à une équipe B espagnole (1-2), et en terminent ainsi avec un zéro pointé au compteur. La sélection de Luis Aragones, après une entrée poussive dans la rencontre,a en effet su monter en régime pour conserver sa belle dynamique de victoires et se positionner en sérieux prétendant au sacre. Comme les Pays-Bas et la Croatie, Iniesta et les siens ont validé neuf points sur neuf possibles, et attendent les Italiens de pied ferme.

Mais qu'il a été long à se dessiner, ce succès ibérique...Il faut dire que Luis Aragones n'avait pas eu la main légère sur le turnover. Torres et Villa sur le banc, c'était le Majorquin Daniel Guiza, meilleur buteur de la Liga, qui menait l'attaque de la « Roja ». Premier constat : la rencontre ne partait pas sous les mêmes auspices que les précédentes prestations ibériques. La « Roja » n'emballait pas la rencontre, manquait de vitesse, pêchait sur le dernier geste face à des Grecs, semblaient-ils, quelques peuretrouvés. Malgré sa mainmise sur le ballon, c'étaient donc les protégés d'Otto Rehhagelqui ouvraient le score, à la 42e, sur un coup franc de Karagounis par lequel Charisteas trompait Pepe Reina d'une tête décroisée.

Mais il y a eu tout de même du bon, côté espagnol, heureusement. En premier chef, cette capacité à relever la tête au retour des vestiaires alors que les joueurs d'Otto Rehhagel, mus d'un sursaut d'orgueil sans doute, remettaient la machine en route. Sur une remise de la tête de Guiza, de La Red ne laissait aucune chance à Nikopolidis d'une demi-volée du droit (61e). Rayon satisfactions, il y eut, aussi, la très jolie prestation de Xabi Alonso, pivot omniprésent de la sélection d'Aragones, qui a beaucoup tenté (54e), et la bonne copie rendue par Cesc Fabregas, seules véritables étincelles dans une partition assez fade. Et enfin, sur un plan plus personnel, le premier but en sélection du « pichichi », Daniel Guiza, sur une remise de Cazorla, seul entrant de la rencontre (88e). La solidarité grecque venait de voler en éclats. Après avoir touché l'Olympe en 2004, elle repartait tête bien basse, un zéro pointé en poche.

18 juin

Présentation de la 3ème journée du Groupe D

L'Espagne veut poursuivre sur sa lancée

Luis Aragones a certains défauts. Mais on ne peut pas dire que le sélectionneur de l'équipe d'Espagne concède quoi que ce soit à la facilité. Parfois radical dans certains choix (Raul, absent du groupe, peut en témoigner), « El Abuelo » (le Grand-père) sait aussi remonter quelques pendules, même quand les voyants semblent au vert. Malgré les deux succès inauguraux dans cette poule, l'Espagne continue d'afficher une certaine fragilité derrière, bien masquée, il est vrai, par ses résultats ainsi que par sa brillance offensive.

Il n'empêche, Aragones n'a pas hésité à reprendre ses défenseurs de volée après le large succès face à la Russie (4-1). Et, lors de la première période face à la Suède (2-1), le sélectionneur espagnol a pu encore constater que sa défense était sur les talons face au seul Ibrahimovic. C'est une évidence, l'arrière-garde ibérique est très dépendante de Carlos Puyol. La sortie du Catalan face à la Suède l'a encore prouvé. En ce sens, le match sans enjeu face à la Grèce peut servir à tester d'autres formules.

Mais hormis le chantier fondamental du secteur défensif, l'Espagne affiche une vitalité insolente. Son milieu promène un toque sauce barcelonaise et l'attaque est aussi complémentaire que décisive. Bizarrement, la rotation peut s'y avérer aussi judicieuse que préjudiciable. Certes, David Villa et Fernando Torres vont en profiter pour souffler en laissant leur place Güiza en pointeet Fabregas en neuf et demi. Sauf que Villa, au sortir d'une saison très difficile à Valence, profite à plein de la Seleccion pour se refaire la cerise, alors que «El Nino», proprement phénoménal chez les Reds de Liverpool, n'a pas toujours convaincu avec la Roja notamment dans sa complicité avec Villa.

En clair :est-il si judicieux deles laisser au reposplutôt que d'entretenir leur euphorie actuelle ? Mais c'est aussi l'occasion de tester un 4-4-1-1 pour une Espagne qui a souvent manqué d'un plan B. Au milieu, le turn-over paraît plus évident car c'est aussi l'occasion d'aligner Fabregas donc, Xabi Alonso, et le prometteur Cazorla, soit autant de titulaires en puissance dans bien d'autres sélections. L'occasion pour eux peut-être d'instiller le doute dans la tête d'Aragones. Pas le doute qui paralyse mais bel et bien celui qui permet d'avancer. Jusqu'au bout, si possible.

Une dernière marche pour les Russes

Vingt ans ! Vingt ans que la Russie attend de dépasser les poules en phase finale, quand par bonheur elle réussit à y figurer. Et encore, on dit vingt ans : en 1988, c'est l'URSS qui s'était extraite de son groupe pour aller jusqu'en finale (battue 0-2 par les Pays-Bas). Aussi bien politiquement que sportivement, il y aura toujours un avant et un après 1989, année de la chute du mur du Berlin. Amorce de la chute soviétique, de celle de son football aussi. Car depuis, entre qualifications ratées et premières phases bazardées, la Russie n'est jamais parvenue à franchir le pallier vers les matches couperets. Pourtant, cette année, il y a comme quelque chose de changé.

Sous la baguette de Guus Hiddink, la sélection russe semble enfin en mesure de dépasser ce stade trop souvent fatidique. Hiddink, l'homme capable de sublimer n'importe quelle escouade pour l'emmener au bout de ses possibilités, qu'elle soit coréenne, néerlandaise, australienne ou russe. Surtout, le football russe dans sa globalité semble boosté par un souffle victorieux. Ainsi, après le CSKA Moscou en 2005, le Zénith Saint-Pétersbourg s'est adjugé la Coupe de l'UEFA au mois de mai dernier, en laissant une impression d'aisance considérable. Alors, évidemment, l'Europe attend avec une curiosité non feinte que les vedettes du Zénith démontrent leur savoir-faire en sélection.

Disons-le franchement, les deux premières sorties russes n'ont guère convaincu. Etrillée (1-4) par l'Espagne, la formation de Hiddink s'est ensuite difficilement débarrassée de la Grèce (1-0), pourtant pas très gaillarde. Au fond, la Russie a pêché les deux fois à ses extrémités. Face à la Roja, elle a pris l'eau de toute part. Face au champion d'Europe en titre, c'est devant qu'elle a gaspillé plus souvent qu'à son tour. En revanche, dans le jeu, la Russie a encore fait valoir son collectif en mouvement à base de passes courtes. Le retour de suspension (deux matches) de la petite merveille de l'attaque du Zénith, Andrei Arshavin, promet un réglage de la mire, même si l'absence de son compère habituel, Pogrebnyak (forfait pour le tournoi), risque de peser.

Question blessure, la Suède a donné. Pas tant en quantité qu'en qualité. Au sein d'une sélection scandinave solide mais dépourvue d'une réelle imagination, la sortie de Zlatan Ibrahimovic à la mi-temps face à l'Espagne (1-2 mais 1-1 à la pause) a démontré l'infini talent que les hommes de Lars Lagerbäck perdaient avec le seul attaquant de l'Inter Milan, auteur de deux des trois buts suédois dans la compétition. Bien sûr, la question qui taraude le camp jaune et bleu concerne le rétablissement du genou de sa perle. Car l'enjeu, un billet pour les quarts, mérite le retour de la star. Le jeu aussi.

Résultats de la 3ème journée du Groupe C


Les Oranje ont joué le jeu

Ils auraient pu lever le pied. Calculer, pour que la France et l'Italie passent à la trappe. Mais face à la Roumanie, les Oranje ont joué le jeu. Assurés de terminer premiers du groupe C après les gifles infligées aux Azzurri (3-0) puis aux Bleus (4-1), les Pays-Bas ont signé leur troisième victoire en autant de rencontres. 2-0, le succès est net et sans bavure. Il a été acquis sans van Der Saar, Sneijder, van Nistelrooy et van Der Vaart. Mais avec van Persie, Robben et Huntelaar, Marco Van Basten dispose d'une armada offensive impressionnante. Le bilan comptable est digne d'un futur champion d'Europe : en trois matches, son équipe a marqué 9 buts et n'en a encaissé qu'un seul. Pour conquérir le Vieux-Continent, elle devra d'abord se débarrasser de la Suède ou de la Russie, samedi soir, à Bâle.

Le sélectionneur batave néerlandais avait promis « d'aligner la meilleure équipe possible ». Du onze victorieux de la France, seuls Boulahrouz et Engelaar avaient été reconduits. Cela n'a en rien grippé une mécanique orange bien huilée. Entre des Néerlandais adeptes de la passe à dix (jusqu'à 67% de possession !) et des Roumains trop obnubilés à défendre, l'opposition de styles a accouché d'un match soporifique. Souvent indigeste, rarement enthousiasmant.

Durant le premier acte, les supporters de Chivu and Co n'ont guère eu l'occasion de s'enflammer. Jusqu'à la 25e minute. L'écran géant du stade de Suisse est porteur d'une mauvaise nouvelle. A 130 km de là, l'Italie vient d'ouvrir la marque. La bande à Victor Piturca est alors éliminée. Sur son banc, le sélectionneur roumain s'agite, exhorte ses joueurs à prendre enfin des risques. Mais à vouloir jouer contre-nature, son équipe s'expose aux offensives néerlandaises. Huntelaar (32e) et Robben (36e) vendangent deux occasions en or avant la pause. Le prolifique attaquant de l'Ajax ne rate pas la cible au retour des vestiaires. Centre au cordeau venu de la droite, plat du pied gauche. Imparable (1-0, 54e). Huntelaar signe ainsi son huitième but sous le maillot orange.

Il reste une demi-heure à jouer. La Roumanie doit alors trouver la faille à deux reprises. D'autant qu'à Zürich, la Squadra Azzurra vient de doubler la mise. Piturca se décide enfin à vider ses cartouches offensives. Un Niculae (Daniel) chasse l'autre (Marius), puis Codrea, un milieu défensif, cède sa place à Dica. Mais il est déjà trop tard. A quelques minutes du terme, van Persie balaie tout suspense en fusillant Lobont du pied gauche (2-0, 86e). Empruntés, sans imagination, pauvres techniquement, les Roumains millésime 2008 ne marcheront pas sur les traces de la génération Hagi, tombée il y a huit ans en quarts de finale de face à l'Italie (2-0). Au regard de ce qu'ils ont montré ce soir, cela n'a rien d'indécent.

La fin d'une génération

Il fallait un «miracle», lisait-on partout. Il fallait «prier», aussi, pour que le sort soit favorable sur la pelouse du Wankdorf, où s'affrontaient les Pays-Bas et la Roumanie (0-2). Réceptifs sur ce premier point, les dieux, mardi, ont sacrément été sollicités par l'équipe de France. Sans doute trop. Pour la première fois depuis l'Euro 1992, en Suède, les Bleus ont quitté un Championnat d'Europe dès les phases de poule en cédant face à l'Italie (0-2). Franck Ribéry blessé dès la 9e minute, Eric Abidal expulsé à la 25e, voilà qui faisait beaucoup, voire trop, pour une équipe en manque de rythme, de confiance, et tout bonnement d'avenir. Des deux finalistes de la Coupe du monde 2006, annoncés au crépuscule, ce sont donc les hommes de Raymond Domenech qui ont, les premiers, rendu leur dernier souffle dans la compétition. Et le sélectionneur avec eux, auteur d'un coaching sans panache, après un parcours en poules complètement raté dont il faudra vite tirer les leçons.

Autant évacuer, tout de suite, le facteur chance : il n'était clairement pas du côté des Français, et cela, depuis le début de cet Euro. Handicapés par la blessure de leur capitaine Patrick Vieira, lésés par une main dans la surface non sifflée de Oijer contre les Pays-Bas (1-4), ils ont encaissé leur dernière avarie, et pas la moindre, à la 9e minute de ce match capital : la blessure au genou de leur maître à jouer, sûrement le meilleur élément tricolore ces derniers jours, Franck Ribéry, lors d'un contact appuyé avec Zambrotta. Sans lui, l'équipe de Franck ne joue pas aussi bien, forcément, et c'est ce qui fît la chance des Italiens. Eux qui étaient passés tout près de l'élimination face à la Roumanie sans un arrêt magique de Buffon sur penalty ont dû leur salut à un penalty de Pirlo, justement (1-0). Une bousculade d'Abidal dans la surface sur Toni, et le défenseur barcelonais, préféré à Thuram en charnière centrale, était expulsé -sévèrement - par M. Lubos Michel (25e). Jusque-là, les Tricolores, en 4-4-2 sans Malouda ni Sagnol, mais avec Govou et Clerc, avaient plutôt fait montre d'envie (deux corners en trois minutes), et dans l'autre rencontre, les Pays-Bas tenaient bon face à la Roumanie.

Difficile, un soir pareil, de se relever d'un premier match raté contre la Roumanie, d'une claque contre les Pays-Bas, de deux coups du sort en un quart d'heure de jeu, et enfin d'un coaching, disons, discutable : à peine entré sur le terrain pour remplacer Ribéry, Samir Nasri sortait lors de l'expulsion d'Abidal pour laisser sa place à Jean-Alain Boumsong. Menée 1 à 0, la France n'avait plus rien à perdre, mais Raymond Domenech refusait de maintenir une défense à trois éléments, voire de sortir Toulalan. Résultat : une attaque tricolore qui avait encore plus de mal à se mettre en situation de tir, surtout face aux lignes italiennes défendant très bas, et 0 frappe cadrée au compteur en première période, contre 3 sur l'ensemble de la rencontre. Les bonnes passes de Jérémy Toulalan pour Thierry Henry (35, 50e) n'aboutissaient pas, et quand Karim Benzema parvenait à décocher une des rares frappes dangereuses, Gianluigi Buffon faisait parler sa classe (74e). Grégory Coupet eut moins de succès, en encaissant le 6e but de son Euro sur un coup franc de De Rossi, détourné par Henry (62e). L'histoire ne retiendra sans doute pas cette statistique, mais plutôt cette dernière place du groupe C, minable, avec un simple petit point (même en 1992, la France avait fait mieux, avec deux points). Ce premier match manqué contre la Roumanie. Cette sortie internationale contre les Pays-Bas, dramatique, pour ce grand Bleu qu'est Lilian Thuram. Cette génération qui s'en va, cette autre qui arrive, ce 54e match de sélectionneur de Raymond Domenech qui dépasse ainsi au compteur Aimé Jacquet et Roger Lemerre. Pas sûr qu'il aille plus loin. On a appris, ce soir, à ne plus croire aux miracles.

17 juin

Présentation de la 3ème journée du Groupe C

Gagner et prier

Cela pourrait être le titre d'un film. Mais c'est bien d'un match de foot dont il s'agit. La France et l'Italie avaient demandé à ne pas reparler de cette fameuse finale de Coupe du Monde 2006. C'est raté. 2 ans plus tard, les deux équipes se retrouvent ce soir à Zurich avec l'objectif de se qualifier pour les quarts de finale de l'Euro. Deux équipes, une place. La condition pour se qualifier est la même pour les deux équipes : gagner et espérer que la Roumanie ne batte pas les Pays-Bas. Reste à savoir qui gagnera ce soir.

En tant que français, j'ai envie d'y croire. Mais le jeu montré jusqu'à présent par nos bleus est loin d'être irrésistible. Après avoir fait un non match offensif face à la Roumanie, les bleus ont retrouvé leur jeu offensif face aux Pays-Bas mais on alors oublié de défendre. Cette lourde défaire (4-1) face aux Oranjes n'a à prioris pas laisser de traces. Mais l'Italie en veut tout autant que la France. Déjà éliminés au premier tour du dernier Euro, la squadra ne veut pas passer pour un champion du monde douteux. Surtout que l'enjeu est de taille. Chaque sélectionneur joue sa tête. En effet, Domenech est critiqué en France quand Donadoni l'est en Italie. Les choix, toujours les choix. Ne serait-il pas possible de voir un peu à l'oeuvre un "sélectionneur de comptoir" qui croit tout savoir sur le football. LA critique est facile. Domenech nous a souvent montré qu'il tenait ses promesses.

L'Italie n'a toujours pas battu la France en compétition officiel depuis plus de 3à ans. La squadra espère bien mettre fin à cette disette ce soir. Le point où les 2 formation seront d'accord, c'est l'arbitrage. Ce soir, c'est M. Lubos Michel, le slovaque, qui arbitrera cette rencontre. Depuis le début de la compétition, français et italiens n'ont pas été gâtés par l'arbitrage. Après le penalty oublié face aux Pays-bas pour Thierry Henry et celui sur Luca Toni face à la Roumanie, plus le but refusé à ce même Luca Toni pour un hors-jeu inexistant face à la Roumanie. Espérons donc un arbitrage de qualité pour ce soir.

Le décor est planté et la nuit risque d'être longue. La victoire est impérative et la prière aussi. Les Pays-Bas joueront-ils le coup ? A prioris oui. Je vous souhaite donc un bon match. ALLEZ LES BLEUS !!!

Les Pays-Bas en arbitre

Du côté de Berne, les joueurs de Marco Van Basten revêtiront le costume d'arbitre pendant 90 min. En effet, les oranjes détermineront le sort de la France, de l'Italie et de la Roumanie. L'adversaire du soir est bien cette Roumanie tant redoutée par tout le groupe. Déjà auteur de deux bon matchs nuls face à la France et l'Italie, les roumains sont à un match de la qualification en quarts de finale. Pour cela il leur faut battre les Pays-Bas ou alors faire match nul en espérant que l'Italie et la France fassent de même.

La question est de savoir si les Pays-Bas ne lâcheront pas le match afin d'éliminer le finaliste et le vainqueur de la dernière Coupe du Monde. Marco Van Basten nous a affirmé que non en déclarant que ce joueurs étaient de grands professionnels. Ce qui est sûr, c'est que l'entraîneur des hollandais fera tourné son équipe. Certains parlent d'équipe B. Mais peut-on vraiment employer ce terme quand on sait que Robben, Van Persie et Huntelaar devraient être alignés. Une oreille attentive devrait donc être portée sur ce stade de Suisse de Berne. La qualification se joue ici et pas ailleurs. Les roumains veulent gagner mais devront se montrer offensive. C'est peut-être là que les Pays-Bas trouveront la faille en contre. Espérons le.

Résultats de la 3ème journée du Groupe B

L'Allemagne assure l'essentiel, sans plus

Le miracle n'a pas eu lieu. Les joueurs autrichiens rêvaient d'un exploit digne de leurs aînés qui avaient battu l'Allemagne (3-2) au mondial argentin de 1982. Ils devront repasser. Vienne n'a pas été terre de deuil pour la NationalMaanschaft. Les spectateurs autrichiens n'ont eu que la confirmation de ce qu'ils redoutaient bien avant l'Euro : une élimination de leur équipe dès le premier tour. Mais si les hommes de Josef Hickersberger n'ont pas à rougir de ce revers, ceux de Joachim Löw n'ont pas à bomber le torse pour ce succès qui leur ouvre pourtant les portes des quarts de finale. Un but. Un seul. Et il a fallu un éclair de génie (et une force sous la semelle) de Ballack pour éviter une petite humiliation à l'Allemagne. Le capitaine de la NationalMaanschaf a réveillé tout un stade endormi par ce match soporifique grâce à une frappe sur coup franc des 25 mètres qui s'est logée dans la lucarne de Macho (49e). Avant ce bijou, les spectateurs n'ont pas des occasions de se lever sauf peut-être pour assister à l'expulsion conjuguée des deux entraîneurs qui n'arrêtaient de s'invectiver sur le bord de la pelouse. Maigre spectacle dans un match où les favoris balbutiaient leurs attaques et les outsiders songeaient plus à défendre.

Sous les yeux de la chancelière Angela Merkel, les hommes de Löw n'ont pas été transcendants, ni rassurants quatre jours après leur déconvenue face à la Croatie. Beaucoup de mal à concrétiser leurs rares occasions, manque d'inspiration offensive, fébrilité défensive, sont les maux qui accompagneront l'Allemagne vers son quart de finale face au Portugal jeudi (20h45). Face aux protégés de Scolari, une équipe comme celle vue face à l'Autriche n'a aucune chance d'intégrer le dernier carré. Löw en est conscient, il lui reste trois jours pour (re)faire de son équipe une formation digne d'un prétendant au sacre suprême.

La Croatie confirme

Condamnés à s'imposer par plus de deux buts d'écart, au moins, pour espérer se qualifier, les Polonais n'ont donc pas accompli l'exploit que tout un peuple attendait secrètement. Mais très vite la Pologne a été dominée, ballottée et secouée par une l'équipe B de la Croatie (0-1). La Croatie s'est elle présentée avec une équipe totalement remaniée et Bilic, son sélectionneur, peut se réjouir de disposer de nombreux attaquants adroits et en très bonne forme physique. En s'imposant, certes, par le plus petit des écarts, parce que le portier polonais Boruc a sorti le grand jeu, les Croates ont adressé un message clair: Elle figure parmi les favoris.
Ivan Klasnic, le premier joueur transplanté d'un rein à avoir joué un Euro, est aussi devenu le premier à y marquer un but (53), une frappe croisée qui n'a laissé aucune chance au gardien polonais. La Pologne devait absolument gagner, et largement, pour espérer poursuivre son premier Euro. Mais elle a été largement dominée par une formation croate pourtant remaniée : Slaven Bilic avait opéré neuf changements. Voilà qui en dit long sur le potentiel de sa sélection.

Le spectacle n'a pas été aussi flamboyant que contre l'Allemagne (2-1). On ne se passe pas impunément de l'inventivité du trio Modric - Kranjkar - Srna, ni du sens du jeu du «stabilisateur» Niko Kovac.
Si Bilic n'a pas répondu à la supplique de son homologue Leo Beenhakker d'aligner «sa belle-mère en attaque», il a chamboulé son équipe, ne reconduisant que deux des titulaires contre l'Allemagne (Danijel Pranjic et Ivan Rakitic). Avec réussite. Sans galvauder la compétition. Juste en faisant confiance à ses hommes à 22 sur 23 pour l'instant. Un exemple dont devrait s'inspirer certains sélectionneurs...